4 oct. 2007

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Au Cabaret
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Heureux fils de la Savoie,
Auvergnat, mon cher ami,
Pour ne rien faire à demi
Encore un litre de joie.

Aujourd'hui, je veux avoir
Les entrailles inondées ;
On a parfois des idées ;
Pourquoi ? - L'on ne peut savoir.

Sais-tu pourquoi sur ta tête
Brille le clair firmament,
Et sais-tu bien seulement
Pourquoi tu n'es qu'une bête ?

Non, n'est-ce pas ? Tu vois bien.
C'est pour ça que je veux boire.
Tout est balançoire
Et l'on ne sait rien de rien.

Mais quand on a bu, ma vieille,
Troun de l'air ! C'est différent,
L'on devient presque parent
Des plus instruits de Marseille.

On sait pourquoi l'éléphant
Dans l'espace solitaire
Porte sur son dos la terre
Ainsi qu'un petit enfant.

On sait tout et plus encore,
Et l'on peut parler d'un jet
Sur n'importe quel sujet,
Car l'on sait ce qu'on ignore.


Raoul Ponchon
Courrier Français
24 oct. 1886




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