17 sept. 2007

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Gui-gui voyage
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1893 : La crédibilité du Kaiser Guillaume II * est malmenée.
Une « clique homosexuelle » ( dit-on à l’époque) entoure l’empereur. On parle alors de « dégénérescence du pouvoir » (voir l’affaire Eulenburg
*)
La plume de Ponchon, moqueur à souhait, met en présence nos voisins et amis moustachus l’empereur Guillaume II (Gui-gui), son chancelier Caprivi
* rendant visite au roi d’Italie Humbert 1er *.
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Air du sire de Framboisy
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Parti en voyage
Le jeune et beau Gui-gui,
Parti en voyage,
Il part , il est parti.

Ca va sans dire
Emmèn’ son Caprivi.
Ai-j’ besoin d’dire
Qu’il prend son Caprivi.

Dit à sa femme :
Surveille le rôti,
Tu sais, poupoule,
Que je n’l’aime pas trop cuit.

Conduis mes peuples,
Ils sont mon seul souci
Astiqu’ les meubles
Comm’ si j’étais ici.

On se demande :
Où donc va-t’il ainsi ?
On se demande :
Où court cet abruti ,

Il va-t’à Rome
Voir son petit ami,
Celui qu’on nomme
Fleur-de-Macaroni.

V’là qu’il arrive
Incognito, la nuit,
V’là qu’il arrive
La nuit, incogniti.

Au vestiaire
Il laiss’ son Caprivi,
Au vestiaire
Avec son parapluie.

« - Je suis bien aise
De te voir, mon bibi,
Prends une chaise,
Que viens-tu faire ici ?

Lui dit le pauvre
Fleur-de-Macaroni,
Lui dit le pauvre
Zéro de la Triph.

- Je viens te dire,
Que répondit Gui-gui,
Je viens te dire
Que je suis ton ami,

Et que la France
Ainsi que la Russie
Tuent mon commerce
Avec le tien aussi.

- Parbleu, mon cher,
Tu me l’as déjà dit,
Lui dit Humbert,
En voilà une scie !

Bien que la France
Soit ma pire ennemie,
Je la préfère
Encore à ton pays. »

*

Sur cette invite
Gui-gui est reparti,
Reparti vite
Comme un coup de fusil.

Au vestiaire
Reprit son Caprivi,
Mais oui, ma chère,
Son vieux Caprivi.




Raoul Ponchon
30 avr. 1893

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